Les 4 principes de force

 

Développer la puissance

 

Se libérer de sa propre force : le relâchement des tensions est un principe de base pour optimiser les capacités combatives. Il est difficile d'être puissant et réactif lorsque les muscles sont crispés et la respiration en apnée. Cela revient à pédaler avec les freins bloqués. On dit alors du combattant qu’il se bat contre sa propre force. L'état d’anxiété mentale, induit par la peur de recevoir des coups, provoque des mouvements parasites (déplacements inutiles, exposition des angles, manque d'enracinement) : on perd en efficacité et en confiance, l’énergie combative diminue. En mettant le relâchement à la base de son entraînement, le pratiquant se libère de tout ça. Avec un mental serein et concentré, les techniques sont efficaces sans le moindre effort. Il est alors capable d’utiliser pleinement sa mécanique corporelle pour produire des frappes perforantes à courte distance. Aussi « abandonner sa force » ne signifie pas devenir mou, mais devenir souple pour optimiser la force de la mécanique corporelle.

Se libérer de la force adverse : plutôt que de s’opposer frontalement à la force adverse, le pratiquant Wing Chun utilise sa souplesse corporelle pour dévier cette force. Tout en suivant les directions et les angles que l'adversaire nous impose, nous pouvons maintenir une structure unifiée, enracinée et souple. Notre relâchement sous la pression adverse doit être tel que celui-ci n’a plus de prise sur notre structure. Exemple en chiffres : quand l'adversaire applique une certaine force, disons une force de 5, pour détruire notre structure, le modèle instinctif veut que l’on y oppose au minimum la même force, voir une force supérieure. Il s’agit donc d’apprendre à ne pas s’opposer à cette force, mais de la gérer avec une force de 0.

Utiliser la force de l'adversaire : en appliquant les deux premiers principes de relâchement on se met à disposition de la force adverse. Dans le troisième principe il s’agit donc d’intercepter et absorber la force pour la restituer à son envoyeur. Nous utilisons souvent deux images pour expliquer ce principe : la branche d’arbre ou le mannequin en croix du moyen-âge: - La branche d’arbre :plus on la pousse fort une branche, plus elle revient fort. - le mannequin en croix : utilisé au moyen-âge, il était fabriqué de telle sorte que la poussée transmise sur le coté gauche du mannequin était aussitôt transférée au coté droit. C’est le jeu des vases communiquant. Attention de ne pas réduire cette idée aux seuls bras: le mannequin lui-même est un ressort géant, et toutes les articulations du corps participent à cette dynamique. 

Ajouter de la force lorsque la voie est libre : pour appliquer ce principe aux trois précédents, il faut avoir en tête que :

1. Le relâchement est une force « vive », et non une force « morte ». Si nous prenons l'exemple de la marche à pied, il est possible de marcher tout en étant complètement détendu et libre de nos mouvements. Aussi, nous évitons les personnes venant en sens inverse, levons les bras, ou encore, nous sommes capable d’ouvrir une boîte en même temps, etc. Il en va de même pour la pression en avant du combat. Aussi nous pouvons être très puissants et relâchés à la fois, pour saisir chaque opportunité de projeter notre force sur l adversaire.

2. L’idée de puissance du mouvement est définie par la loi de la physique : masse X accélération = puissance (et non à une tension musculaire). Exemple en chiffre : si nous acceptons le point 0 comme le point où une structure peut rester alignée avec la force de gravité tout en étant souple et détendue, alors quand nous décidons de faire une accélération vers notre objectif, nous sommes en mesure de passer de 0 à 100 très rapidement (le nombre 100 représentant le maximum de la puissance que nous sommes en mesure de produire à ce stade de notre pratique).