Les fondamentaux

Chi Sao

 

Chi Sao, ou « mains collantes », est un exercice d'entraînement Wing Chun conçu pour développer le combat corps à corps. En combat rapproché, votre capacité à voir un coup de poing et de réagir par réflexe est fortement diminuée, et c’est à ce moment que les compétences développées par le Chi Sao prennent tout leur sens. Le but du Chi Sao est de développer une sensibilité tactile permettant de déceler tout changement dans la position du corps de l'adversaire et donc ses angles d’attaque. Entraîner les bras à avoir «un esprit qui leur est propre » permet au pratiquant Wing Chun de briser instinctivement la structure de l'adversaire et de supprimer sa capacité à utiliser sa force.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Armes Wing Chun

 

Comme tout Kung Fu, le WingTchunDo inclut dans son cursus l’apprentissage d’armes de différentes tailles. Très utilisées dans les temps anciens, ces armes servent aujourd'hui à entraîner la boxe à mains nues. En fonction de leurs dimensions et de leurs poids, elles développent la force, la vitesse, la coordination, l'équilibre, la mobilité et la précision du combattant. Elles sont utilisées comme une extension du corps, et un entraînement correct peut générer une force de frappe considérable. Si les techniques sont faciles à apprendre, elles requièrent une grande précision : les armes pardonnent rarement les erreurs. Le bâton est une des plus anciennes armes de l’humanité. En Chine il doit sa popularité notamment au Kung Fu Shaolin. Selon les sources il fut introduit dans les cours de Wing Chun Kung Fu par Wong Wah Bo, le troisième grand maître de cet art. Celui-ci travaillait au sein de la l'opéra chinois Bateau Rouge et était, entre autres, chargé de diriger la Jonque à l’aide de longues perches. Long de deux à trois mètres, le manche était plus épais au niveau de la saisie et plus fin au bout pour pouvoir y ajuster une pique. Les pratiquants s'entraînent généralement avec une lance plus longue et plus lourde pour accroître la force et développer la coordination. Ceci exige du pratiquant un placement correct du corps. Regroupé sous le terme Kali Arnis Escrima, il s’agit d’un système martial né de la rencontre des arts martiaux philippins et des Conquistadores Espagnols. Bien qu'il ait une composante mains nues, l'entraînement qui nous intéresse est axé principalement sur le travail des armes, plus spécifiquement les bâtons et les couteaux. La pratique se divise en trois parties :

- la répétition des techniques de base, muestracion, ou pandalag.

- l'assaut conventionnel, sanga at patama ou obra tabak.

- le combat libre, larga mo iton ou labanang totohanan. Une fois encore, le principal intérêt de cet entraînement est de renforcer la boxe à main nue. La fluidité et le timing des déplacements sont immédiatement assimilables à ceux de la boxe anglaise. C’est aussi à travers l’utilisation du bâton que Tl’on initie les pratiquants à la force circulaire et aux frappes fouettées.

Taolu

 

Chaque cours débute et finit avec la pratique des Taos. Les Taos permettent de comprendre plusieurs concepts du Wing Chun, tant au niveau de la structure corporelle, des déplacements ou des techniques proprement dites. Les trois Tao de base du WingTchunDo ont en commun une idée de base : le Pont. C'est une notion fondamentale du Wing Chun, la plus évidente à saisir intellectuellement, mais également la plus longue à intégrer naturellement dans le corps. Aussi les instructeurs de WingTchunDo transmettent cet axe de travail dès le premier jour d’entraînement des élèves.

SIU NIM TAO

« Construire le pont », est le premier grand chantier auquel s’attaque le pratiquant WingTchunDo. Il s’agit d’aligner toutes les articulations les unes aux autres pour créer une structure forte et flexible à la fois. La colonne vertébrale est une pièce majeure de ce pont articulé reliant les appuis au sol avec n’importe quelle partie du corps. Le pratiquant s’entraîne ensuite à aligner cette structure avec la force de gravité. C'est la première et la plus importante forme du cours de Wing Chun parce qu'elle pose les bases du style. Le pratiquant s'y réfère constamment car elle enseigne les règles d'équilibre et de structure corporelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CHUM KIU 

L’idée principale est de « Chercher le pont », autrement dit de se connecter à la structure de l’adversaire. La difficulté technique du Chum Kiu est de conserver une structure unifiée, flexible et réactive tout en se déplaçant. Aussi ce Tao se différencie du premier par la synchronisation des mouvements favorisant la prise de contact : déplacements, rotations, coups de pieds, de poings et de coudes dans toutes les directions.     

 

 

 

BIU TZE

Cette troisième forme peut se traduire par « pique des doigts » ou « doigts qui transpercent » et se concentre sur l'attaque à travers l'utilisation de nos armes corporelles (extrémité des doigts, main, coudes, jambes). L'idée est de toujours « pointer » vers l’adversaire afin de contrer ou compenser son attaque. Cette forme utilise également la rotation du corps afin de travailler la récupération de l’axe central et continuer le développement du pouvoir de pénétration du pratiquant, déjà développé dans les deux premières formes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mannequin de Bois

 

C'est le partenaire d'entraînement par excellence du pratiquant de Wing Chun. Les étudiants qui s'entraînent régulièrement avec le mannequin de bois se voient réellement progresser dans le Chi Sao et en combat libre. Les néophytes associent le travail au mannequin de bois aux techniques de bras. S'il est vrai que le Muk Jong à son utilité dans ce domaine, il permet surtout de travailler les paramètres suivants :

- distance pieds

- poings, prise de contact

- frappes lourdes et vibrantes en courte distance

- déplacements et angles d'attaque

- absorption et enracinement.

Le mannequin le plus couramment utilisé est constitué d'un corps avec deux bras amovibles au niveau des épaules, un bras inférieur à la hauteur de l'estomac, et une jambe. A l'origine le mannequin était fixé dans un trou à même le sol. En arrivant dans les espaces confinés des petits appartements de Hong Kong, ce système à changé avec des socles lestés ou des demi-tronc fixés aux murs. La dernière évolution de ce système est plus volumineuse, car le mannequin est suspendu sur un cadre par deux lamelles de bois flexibles, qui donnent une sensation de rebond à l'impact. Contrairement à l'idée reçue, le mannequin de bois ne sert pas à renforcer les os des avant-bras. N'oublions pas que le principe de base du Wing Chun est de ne pas s'opposer à la force de l'adversaire. Il s'agit plutôt de dévier et absorber la force plutôt que d'attaquer les bras de l'adversaire. Le but est donc de travailler autour de la force, et trouver un angle d'attaque favorable.